Solaris (1961)


Roman mythique du polonais Stanislas Lem, Solaris est paru en 1961 en Union Soviétique et en 1966 en France aux Éditions Denoel. Pour rappel, 1961 c’est l’année du premier vol de l’humanité par Youri Gagarine.

Stanilas Lem (1921 – 2006) voit ses œuvres traduites en quarante langues. Sa plus connue est “Solaris” qui a été adapté deux fois au cinéma. Une fois en 1972 par Andrei Tarkovsky et une seconde fois par Steven Soderbergh en 2002 (avec George Clooney). Il a également écrit une autre œuvre que j’aime beaucoup et qui est “Le Congrès de futurologie” dont je parlerai ici plus tard, c’est sûr. Pour l’anecdote, Stanislas Lem était un grand admirateur de Philip K. Dick qui était le seul auteur américain à trouver grâce à ses yeux.

Solaris débute avec l’arrivée du professeur Kelvin sur une lointaine station de recherche. Cette station est en orbite autour d’une planète océan qui défie les lois de la physique, Solaris. Elle gravite en effet autour d’un système d’étoiles binaires, ce qui fait que sa révolution ne peut être stable. Or elle l’est, et la seule explication possible est que la planète ajuste elle-même son orbite.

Les plus grands savants se sont donc penchés de près ou de loin sur son cas et une nouvelle science à même émergée, « la Solaristique », au volume impressionnant de publications et accumulation de théories dont aucune émerge vraiment.

Stanislam Lem (1984)

Plusieurs expériences ont été fait depuis une centaine d’années autour de Solaris, entraînant ou non des réponses de la planète, qui ne se répètent jamais. Une grande question reste encore sans réponse. L’Océan est-il un être intelligent ? Quelques jours avant l’arrivée Kelvin, les trois autres occupants de la station ont essayé une expérience inédite sous la direction du Professeur Gibarian: bombarder un flux énorme de Rayon X sur la planète, pour voir sa réaction.

Le résultat a lui-aussi été inédit, comme à chaque fois de la part de Solaris. L’Océan s’est basé sur les souvenirs les plus forts, et donc les plus traumatisants des habitants de la station, et a envoyé des sortes de clones de personnes liés à ses souvenirs. Le Professeur Kelvin retrouvera sa fiancée, Harey, qui s’est suicidée quelques années plus tôt à cause d’une dispute entre eux. Ces clones semblent indestructibles, peuvent s’autoréparer, ignorent leurs véritables natures et leurs comportements est extrêmement déroutant. A-tel point que le Professeur Gibarian n’a pas supporté cela et s’est suicidé peu après l’expérience.

Les autres occupants, les Professeurs Snaut et Sartorius sont également extrêmement perturbés et chacun semblera sombrer peu à peu dans la folie ou dans l’envie de rester avec ses ersatz de compagnons d’antan. Sartorius étant constamment enfermé dans son laboratoire avec un compagnon qui semble être un petit enfant de cinq ans et Snaut implorant plusieurs fois Kelvin de ne pas aller dans telle ou telle pièce et que ce dernier retrouvera maculer de sang à plusieurs reprises. Kelvin essayera lui aussi de son côté de se débarrasser de Harey en l’envoyant par exemple en fusée n’importe où dans l’Espace sans espoir de retour mais celle-ci réapparaitra dans sa chambre le lendemain matin comme si de rien n’était et sans aucun souvenir de l’événement.

Magnifique affiche du film Solaris d’Andrei Tarkovsky.

L’ambiance au sein de la station, et du livre, est donc très particulière. Au-delà du côté très académique des rapports entre les personnages, on ressent la solitude de Kelvin, profitant pleinement d’un bonheur retrouvé qu’il sait totalement malsain.

Cette situation se heurtant également au rationalisme des trois chercheurs et à leur incapacité à trouver une réponse scientifique. Solaris est un mystère depuis sa découverte. Nous sommes constamment à la frontière du savoir et de la compréhension, comme aux abords d’un Trou noir, car toute tentative de communication et d’échange avec la planète semble impossible.

J’ai trouvé le style du roman très visuel. Comme je vous disais au début de chronique, la planète gravite autour de deux étoiles. Celles-ci sont de couleurs rouge et bleue et il y a donc une alternance cyclique entre ces couleurs et le blanc qu’on imagine de la station dans les descriptions qui permet d’estimer le temps qui passe.

Solaris est un roman court, d’environ 330 pages, qui se lit très facilement malgré sa profondeur, et qui interroge sur notre rapport aux autres et à soi-même.

Bonne lecture !


Titre : Solaris
Auteur : Stanislas Lem
Maison d’édition : Folio SF
Publication : 1961
Nombres de pages : 335 pages


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